Thaïlande : Retour sur les remous politiques de ces derniers mois, chemises rouges contre

Le contexte politique Thailandais difficile.

La Thaïlande attire le regard international depuis le mois de mars avec un conflit politique de plus en plus violent. Cela résulte d’une rancœur, vieille de quatre ans, entre les partisans et les opposants du Premier Ministre Thaksin Shinawatra, renversé de force en 2006. Ils s’agit des chemises rouges et des chemises jaunes, mais suite aux remous plus ou moins flous qui ont eu lieu, il convient de faire le point sur l’identité et les revendications des uns et des autres.

Les Chemises Rouges sont les partisans du Premier Ministre destitué. Ce sont essentiellement des gens issus des régions rurales et pauvres du pays. Ils sont rassemblés par le Front Uni pour la Démocratie et Contre la Dictature et ont toujours soutenu Thaksin Shinawatra. Celui-ci leur a en effet promis plus de profits par rapport à la modernisation de la Thaïlande. Rappelons que les populations reculées ne profitent pas de la richesse économique en plein essor du pays. Conscientes de leur poids politique, ces populations ont donc décidé de mener un combat contre le nouveau régime et pour des élections démocratiques anticipées afin de rétablir un certain équilibre au niveau de la gouvernance du pays. En résumé, les Chemises Rouges souhaitent que le pays soit équitablement dirigé par les classes populaires et l’élite urbaine.

Les Chemises Jaunes représentent ainsi les classes moyennes et aisées de la Thaïlande. Ce mouvement rassemble la population urbaine, plus riche et plus instruite que les Chemises Rouges. Les Chemises Jaunes soutiennent le régime actuel. Dirigées par Sondhi Limthongkul, un ancien disciple de Thaksin Shinawatra, elles sont pour la monarchie et contre les idées des Chemises Rouges. Celles-ci sont même accusées de soutenir un homme corrompu. Particulièrement déterminée à défendre ses idées, ce mouvement a réussi à destituer  Thaksin Shinawatra en 2006 et à l’empêcher de retourner au pays en 2008. L’économie de la Thaïlande stagne pour le moment à cause de ces multiples manifestations, parfois très violentes.